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Les Jeux Olympiques de 1924 se sont courus aux Mureaux pour les 6 mètres et au Havre pour les 8 mètres. Sur le bassin des Mureaux était organisée l'épreuve de solitaire sur le "Monotype national" dessiné par Louis Potheau et Eugène Laverne, membres du CVP. Malheureusement le vent n'est pas au rendez-vous entre le 10 et le 14 juillet et notre champion français Albert Michelet sur son bateau trop lourd pour le petit temps ne prend que la 12ème place. Ce fut une déception car sa victoire un mois auparavant lors des sélections olympiques sur ce même bassin des Mureaux dans la brise lui avait donné le titre de Champion de France. C'est aussi l¹époque où Jacques Lebrun et Jean Peytel, faisaient leurs première armes sur des flotteurs d'avion munis d'une dérive et d¹une voile au tiers, sous l'oeil indulgent d'Eugène Laverne qui, en les regardant, était en train d¹inventer le yachting léger.
Quand éclata la guerre de 1939, le fracas des armes fit plier les voiles. Le Club House du CVP aux Mureaux fut désert jusqu'à la débacle pendant laquelle il fut peuplé de réfugiés, puis de pionniers ennemis, et enfin réquisitionné par la Luftwaffe, pour finir en centre d'hébergement et cantine des pilotes et ingénieurs allemands de la base aéronautique des Mureaux.
Comme les yachtmen ont de la suite dans les idées, dès l¹automne de 1940 ils vinrent rôder autour de leur ancien club. Francis Join-Lambert déploya des trésors de diplomatie et, au printemps de 1941, s'institua une sorte de trêve de dieu : les Allemands partants le samedi après-midi, les bâtiments étaient disponibles jusqu'au dimanche soir. Ce n'était déjà pas mal ! C'étaient toujours les mêmes, venant en train, ou à bicyclette quand les ponts étaient détruits. Ils mettaient à l'eau les Sharpies de 9 m2, seuls bateaux encore armés. Grâce à ce dériveur que l'on ne connaît presque plus aux Mureaux, le plan d¹eau vécut de très belles régates et un excellent esprit.
Un jour de Pentecôte, en 1944, ce fut la dernière régate de guerre. Les ponts de la Seine étaient bombardés, tout autour, les chemins de fer étaient coupés, les usines brûlaient... et malgrès tout, la "Coupe du Dauphin" se courait en trois manches sur la Seine. Le lendemain même, le pont de Meulan était bombardé avec de gros dégâts tout autour. Le CVP eut la surprenante fortune de sortir indemne des bombardements des Mureaux.
L'YCIF en avait, au contraire, cruellement souffert. Les deux clubs demeuraient côte à côte, mais un vent nouveau soufflait sur le bassin des Mureaux et c'était un vent d'amitié. Cette fructueuse collaboration n¹a cessé de s'étendre et maintenant la plupart des séries des deux cercles régatent ensemble chaque dimanche. Mais revenons en 1945 et regardons ce qui reste d'avant-guerre. Le terrain est défoncé par le passage des chars d¹assaut et les appontements ont été presque détruits pour laisser place aux ouvrages provisoires des pontonniers américains. Assez rapidement chacun rafistole.
La compétition repart avec trois séries : les Stars, qui sortent des garages, les Sharpies, toujours nombreux et un nouveau monotype, le Bélouga. 1947 voit revivre le fameux "Bol d'Or" et les déplacements à l'étranger. Les régates internationales reprennent aux Mureaux ; les Hollandais d'abord, sur Sharpies ; l¹année suivante les Portugais sur Stars ; puis la préparation des Jeux Olympiques de 1948.
En 1954, c'est le lancement du 505 éclipsant bientôt le Caneton qui commencait à prendre pied aux Mureaux. En 1955, le Mousse est pris comme série de juniors. Enfin, c'est en 1957 le début d'une série de Highlanders qui groupe une clientèle de coureurs fidèles au Bassin.
Le plan d'eau retrouvera pendant 10 ans tout son dynamisme avec l'apparition du Soling, une nouvelle série olympique qui s¹implante rapidement aux Mureaux et le renouveau du Bélouga grâce à sa nouvelle coque plastique.
Puis l'essor de la planche à voile détourne pour un temps du yachting traditionnel les nouvelles générations. Aujourd'hui, le développement de séries homogènes et dynamiques, la spécialisation relative des Mureaux sur le créneau des quillards monotypes de compétition, le retour en force de la belle plaisance sont autant d'éléments favorables qui permettent d'envisager l'avenir du plan d'eau avec sérénité, d'y organiser des rassemblements nationaux pour les séries actuelles et de se préparer avec confiance aux grands défis sportifs de la fin XXIe siècle.
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